Histoire de piments

Des piments rouges sortent d'un bol bleu renversé.Les piments ont de quoi rougir, encore plus.
L’un des leurs a été rejeté.
Non conforme.
Même le bol en perd l’équilibre et est tombé à la renverse.
Il a pourtant une belle forme, ce petit piment, qui se termine en virgule.
Si joli, qu’on hésitera même à le placer sous la lame tranchante d’un couteau de cuisine.
Quel avenir pour ce piment oiseau ?
Finira-t-il tout de même, comme ses compatriotes, dans la bouche des amateurs de sensations fortes ?
Et s’il piquait encore plus que les autres ?
Ce serait une belle revanche.

Réaction en chaîne :
– hâché menu, il fait tousser le cuisinier
– ajouté au plat, il embaume la cuisine d’une bonne odeur exotique
– mangé, il dégage un bon goût parfumé, immédiatement suivi d’une sensation de brûlure, modérée à intense.

Petit mais costaud.
Pas comme les autres, mais inoubliable.

Voilà donc une histoire de piments.
Mais pour une histoire encore plus pimentée, il faudra repasser.

La guerre des boutons

Boite métallique ancienne contenant de multiples boutons colorésQuelle belle boîte. Une boîte contenant un petit trésor de guerre…
La guerre des boutons a eu lieu.
Les cris et rires des enfants résonnent encore.
Voilà, maintenant les boutons sont dans la boîte.
Et maintenant, qui sera désigné pour garder ce précieux butin ?
Une nouvelle bataille s’annonce déjà…
Et cette fois-ci, le plus fort pourra garder la boîte et tous les boutons.
Il pourra crier victoire et annoncer fièrement « C’est dans la poche ! »
Heureusement, ce ne sont pas des pièces en chocolat. Il les gardera bien au chaud, jusqu’à ce qu’il se retrouve face à plus fort que lui.
Puis le trésor changera de main, et de poche.
Jusqu’à ce que quelqu’un, encore plus fort, s’empare du butin.
Puis la boîte changera à nouveau de main et de poche…
Jusqu’à ce que… etc… etc…
L’histoire recommence, encore et encore.
Finalement, rien n’est jamais définitivement dans la poche…

Blanc

Arbre mort sous la neige, photo minimaliste.

Juste derrière chez moi, il y a cet arbre mort que j’aime beaucoup.
Il a toujours fière allure, quelle que soit la saison.

J’ai profité de la neige fraîchement tombée pour lui tirer une nouvelle fois le portrait. Et ici, il a vraiment la neige qui lui colle à la peau, ou plutôt à l’écorce.
Et devant lui, quelques tiges de graminées complètement givrées ouvrent la voie.

J’ai choisi de faire une photo minimaliste qui convient à l’ambiance du moment où le paysage devient lisse et monochrome. Même le ciel s’efface pour se faire oublier et mettre en vedette le vieil arbre.

Profiter de ces trois jours de neige (de plus en plus rare) pour faire des images, avant que le blanc ne devienne blanc cassé, vire au gris ensuite, puis disparaisse.

L’arbre, lui, sera encore là. J’espère le plus longtemps possible.
Je n’ai pas fini de le regarder et de le photographier.

Rose

Coucher de soleil depuis le Grand Ballon dans les VosgesSamedi 26 décembre, je suis allée chercher la neige au Grand Ballon dans les Vosges.
La couche est fine, les arbres légèrement givrés. L’hiver n’a pas encore frappé mais l’air est vif. La température de -3 ou -4° fait rosir le nez et les joues des promeneurs.

Pour clôturer un après-midi baigné d’une belle lumière contrastée, entre nuages et éclaircies, voilà que le soleil couchant, après avoir décliné toute une palette orangée, ajoute à son tour une touche de rose.

Depuis le Grand Ballon, un 26 décembre 2020, j’ai vu pendant quelques minutes la vie en rose.

Le centre du monde

Arc-en-ciel au-dessus de la mer et d'un faux menhir en BretagneDalí avait tort : le centre du monde n’est pas la gare de Perpignan, le centre du monde est ici, à Pors Kerieg, dans les Côtes d’Armor en Bretagne. C’est l’arc-en-ciel qui me l’a dit…

Et le rocher, qui se fait passer pour un menhir, n’a pas contredit cette affirmation.

L’indication est nette et précise, mais éphémère.

Au milieu se trouve la photographe. L’occasion est trop belle, prendre une image rapidement. Pour garder une preuve !

J’avais ensuite dans l’idée de noter les coordonnées GPS et de diffuser l’information au plus grand nombre. De prévenir l’IGN, Google et autres pour qu’ils l’intègrent sur leurs cartes.
Mais j’ai vite changé d’avis, j’ai décidé de garder ce secret.
La quiétude des lieux sera ainsi préservée.
Je ne voudrais pas être à l’origine d’une arrivée massive de cars de touristes.

Alors, si vous tombez sur ce petit texte. Chut ! Surtout ne le dites à personne.

Chaos

Silhouette d'un homme dans un chaos de rochers, en bord de merQuel est cet univers minéral qui dégage un parfum de début… ou de fin du monde ?

Cet incroyable amas de roches trahit la force de la nature.
Le chaos n’est pas loin, à moins qu’il n’ait déjà eu lieu.

Amoncellement de roches ciselées, feuilletées, puis érodées par des vagues sans cesse à l’assaut.

Lorsque la marée haute passera à nouveau par là, un autre univers se dévoilera.
Et l’homme, qui quelques heures plus tôt découvrait un univers unique et râpeux, aura disparu du paysage pour laisser place à un univers liquide et mouvant.
Qui pourrait croire, à ce moment-là, que sous les vagues rugissantes se cachent ce monde sculpté à coups de dents marines ?

Comme un vent d’automne

Comme un vent d'automne qui se lèveSortie pour profiter des belles couleurs d’automne il y a quelques jours (à moins d’un kilomètre de mon domicile, confinement oblige…), le soleil de fin d’après-midi mettait en valeur le jaune d’or des dernières feuilles qui faisaient de la résistance.

Coup de vent ?
Que nenni ! (expression certes un peu désuète…)

Pour essayer de sortir des clichés traditionnels, j’ai activé le mode surimpression de mon boitier. Une petite rotation rapide pendant la deuxième prise de vue, superposée à la première photo et hop, l’image finale prend un nouveau souffle.

Comme un léger vent d’automne qui se lève.

Masque ?

Gros plan sur l'arrière d'une voitureHistoire de faire fonctionner votre imagination, que voyez-vous ?
Plutôt un robot ou un masque africain ? Le visage d’un personnage sympathique ou au contraire effrayant ? Ou bien autre chose ?

Notre cerveau nous trompe en générant des formes connues mais sans rapport avec l’objet observé. C’est ce qu’on appelle une paréidolie. Une faculté qui consiste à associer un stimulus visuel informe et ambigu à un élément clair et identifiable, souvent une forme humaine ou animale. Selon les scientifiques, nous avons hérité celle-ci de l’évolution. Notre cerveau structure en permanence ce que capte notre vision afin de réagir face à un prédateur, une proie ou un congénère.

Face à cette image, vous sentez-vous plutôt inquiet ou rassuré ?
Pour ma part, j’entends presque des roulements de tambours.

Tableau automnal

Feuilles mortes d'automne flottant sur une eau calme.Délicatement posées sur la surface liquide, les feuilles mortes nous offrent une palette de couleurs annonçant l’automne. Les minuscules lentilles d’eau ajoutent une légère touche verte. Un petit saupoudrage délicat.

Et l’arbre se penche au-dessus de l’eau tranquille, et semble interroger la surface immobile « Miroir, mon beau miroir… »
Mais trop tard, une partie de son beau costume est déjà dans l’eau. La silhouette sombre se reflète comme une menace annonçant un avenir moins coloré.

Mais en attendant, le temps semble figé. Le tableau est parfait pour un portrait d’automne.

Rayonnement

Mauvais temps sur le camping d'Ailefroide dans la vallée de la Vallouise, au cœur du massif des Écrins.Derniers rayons de soleil avant que le temps ne se gâte vraiment…
Les plus beaux ciels annoncent souvent la puissance des éléments à venir.
La montagne est si belle et la menace tellement photogénique.

Je suis dans les Ecrins, au camping d’Ailefroide, situé à 1550 m d’altitude, sur la commune de Pelvoux.
Vive la vie au grand air, entourée à 360° de magnifiques sommets !

Mais aujourd’hui, en fin d’après-midi, la météo s’annonce chahutée.

L’appareil photo en main, à quelques mètres de la tente, je suis prête à m’y réfugier.
Les rayons de soleil se battent avec les nuages. Le blanc devient gris puis gris foncé.
Les sommets deviennent encore plus majestueux et la Pointe de Clapouse semble jouer avec un éventail lumineux.

Le rideau de pluie n’est pas loin, quelques gouttes précèdent la grosse averse.
Les sapins revêtent leurs costumes les plus noirs.
Quelle ambiance contrastée… à immortaliser sur un cliché !