Décrépitude

Un vieux mur bleu décrépi
Qu’est-ce qui pousse le ou la photographe à déclencher ?
Cette question se pose encore plus lorsque le sujet semble a priori sans intérêt.
Ici, un mur décrépi, des volets en bois à la peinture écaillée.
Mais aussi de multiples nuances de bleus, et de bleus verts.
Des craquelures et des fissures qui ajoutent la touche finale.
Devant cette maison, l’imagination part au galop.

L’extérieur reflète-t-il ce que l’on pourrait trouver à l’intérieur ?
Ou au contraire, cette pauvre façade est-elle là pour tromper l’ennemi, et cache un intérieur recelant quelques trésors ?
Les volets entrouverts poussent presque à la curiosité.
On dirait bien que le lieu est encore occupé.
« Hé oh ! Y a quelqu’un ? »
J’aurais bien voulu vérifier.
Mais je suis repartie sans avoir la réponse, en emmenant avec moi une image d’un mur, et aussi plein d’histoires dans la tête.
Et à chaque fois que je regarde cette photo, j’ai envie de voir les volets s’ouvrir. Ce qui serait le signe que cette palette de bleus n’est pas complètement passée.

Histoire de piments

Des piments rouges sortent d'un bol bleu renversé.Les piments ont de quoi rougir, encore plus.
L’un des leurs a été rejeté.
Non conforme.
Même le bol en perd l’équilibre et est tombé à la renverse.
Il a pourtant une belle forme, ce petit piment, qui se termine en virgule.
Si joli, qu’on hésitera même à le placer sous la lame tranchante d’un couteau de cuisine.
Quel avenir pour ce piment oiseau ?
Finira-t-il tout de même, comme ses compatriotes, dans la bouche des amateurs de sensations fortes ?
Et s’il piquait encore plus que les autres ?
Ce serait une belle revanche.

Réaction en chaîne :
– hâché menu, il fait tousser le cuisinier
– ajouté au plat, il embaume la cuisine d’une bonne odeur exotique
– mangé, il dégage un bon goût parfumé, immédiatement suivi d’une sensation de brûlure, modérée à intense.

Petit mais costaud.
Pas comme les autres, mais inoubliable.

Voilà donc une histoire de piments.
Mais pour une histoire encore plus pimentée, il faudra repasser.

La guerre des boutons

Boite métallique ancienne contenant de multiples boutons colorésQuelle belle boîte. Une boîte contenant un petit trésor de guerre…
La guerre des boutons a eu lieu.
Les cris et rires des enfants résonnent encore.
Voilà, maintenant les boutons sont dans la boîte.
Et maintenant, qui sera désigné pour garder ce précieux butin ?
Une nouvelle bataille s’annonce déjà…
Et cette fois-ci, le plus fort pourra garder la boîte et tous les boutons.
Il pourra crier victoire et annoncer fièrement « C’est dans la poche ! »
Heureusement, ce ne sont pas des pièces en chocolat. Il les gardera bien au chaud, jusqu’à ce qu’il se retrouve face à plus fort que lui.
Puis le trésor changera de main, et de poche.
Jusqu’à ce que quelqu’un, encore plus fort, s’empare du butin.
Puis la boîte changera à nouveau de main et de poche…
Jusqu’à ce que… etc… etc…
L’histoire recommence, encore et encore.
Finalement, rien n’est jamais définitivement dans la poche…

Blanc

Arbre mort sous la neige, photo minimaliste.

Juste derrière chez moi, il y a cet arbre mort que j’aime beaucoup.
Il a toujours fière allure, quelle que soit la saison.

J’ai profité de la neige fraîchement tombée pour lui tirer une nouvelle fois le portrait. Et ici, il a vraiment la neige qui lui colle à la peau, ou plutôt à l’écorce.
Et devant lui, quelques tiges de graminées complètement givrées ouvrent la voie.

J’ai choisi de faire une photo minimaliste qui convient à l’ambiance du moment où le paysage devient lisse et monochrome. Même le ciel s’efface pour se faire oublier et mettre en vedette le vieil arbre.

Profiter de ces trois jours de neige (de plus en plus rare) pour faire des images, avant que le blanc ne devienne blanc cassé, vire au gris ensuite, puis disparaisse.

L’arbre, lui, sera encore là. J’espère le plus longtemps possible.
Je n’ai pas fini de le regarder et de le photographier.

Rose

Coucher de soleil depuis le Grand Ballon dans les VosgesSamedi 26 décembre, je suis allée chercher la neige au Grand Ballon dans les Vosges.
La couche est fine, les arbres légèrement givrés. L’hiver n’a pas encore frappé mais l’air est vif. La température de -3 ou -4° fait rosir le nez et les joues des promeneurs.

Pour clôturer un après-midi baigné d’une belle lumière contrastée, entre nuages et éclaircies, voilà que le soleil couchant, après avoir décliné toute une palette orangée, ajoute à son tour une touche de rose.

Depuis le Grand Ballon, un 26 décembre 2020, j’ai vu pendant quelques minutes la vie en rose.